Date of Award

Spring 1-1-2016

Document Type

Dissertation

Degree Name

Doctor of Philosophy (PhD)

Department

French & Italian

First Advisor

Elisabeth M. Bloomfield

Second Advisor

Christopher Braider

Third Advisor

Claudie Bernard

Fourth Advisor

Masano Yamashita

Fifth Advisor

Andrew Cowell

Abstract

Au dix-neuvième siècle, la fortune de la notion de profondeur est considérable en même temps que les abîmes terrestres et océaniques suscitent un grand intérêt. Comment se rencontrent les dimensions physique et métaphysique de la profondeur? Dans cette thèse, j’explore les liens entre ces dimensions tels qu’ils s’expriment dans les discours du savoir et surtout dans les oeuvres littéraires. L’étude est centrée sur la figure de l’immersion—terme choisi pour signifier que le rapport à la Terre est ici essentiel. Au dix-neuvième siècle, les littératures françaises, anglaises et américaines proposent de nombreux récits où des personnages font l’expérience d’une plongée dans les abîmes. Par une approche épistémologique et écocritique, je démontre que ces figures d’immersion ont pour enjeu une définition du savoir et de la littérature ainsi qu’une conception de l’être humain en tant qu’il est habitant de la planète. Je montre également comment l’imaginaire des profondeurs s’inscrit dans une époque qui évolue du romantisme vers une modernité marquée par une crise du savoir et du langage.

Le premier chapitre constitue une synthèse contextuelle de l’expérience des profondeurs. Le second chapitre offre un panorama des récits d’immersion partant de l’analyse de leurs dimensions scénarique, fantasmatique et narrative. Les chapitres suivants s’intéressent à des récits d’immersion emblématiques du siècle et de son évolution. Le troisième chapitre, sur La Mer et sur La Montagne de Michelet, montre comment chez cet auteur la Terre est un miroir. L’historien naturaliste, en Narcisse vainqueur, franchit la surface pour livrer aux hommes un savoir supérieur. Le quatrième chapitre porte sur Les Travailleurs de la mer et L’Homme qui rit de Hugo dans lesquels la Terre est un obstacle. La sur(-)vie dans des espaces-obstacles met les personnages en présence d’un savoir transcendant qui ne se révèle que dans son mystère. Le dernier chapitre analyse Voyage au centre de la Terre et Vingt mille lieues sous les mers de Verne. Lors d’immersions, les voyageurs ambitieux de l’anthropocène rencontrent la Terre comme limite.

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